14 ans : ce chiffre, désormais gravé dans la loi, a rebattu les cartes pour des milliers d’adolescents pressés d’enfourcher leur trottinette électrique dans les rues françaises. Depuis septembre 2023, impossible pour les plus jeunes de prendre le guidon avant cet âge. Trottoirs interdits, sauf rares exceptions signalées par les municipalités : la tolérance a fondu, la règle s’est imposée.
Pour les adultes, le port du casque reste une affaire de choix. Mais la sanction tombe sans détour : 135 euros d’amende si l’on roule sur une voie non autorisée. Les règles, d’une ville à l’autre, varient parfois du tout au tout. Ce patchwork réglementaire complique l’exercice urbain et pousse chaque usager à naviguer dans un labyrinthe de panneaux et d’arrêts municipaux.
Trottinette électrique en ville : ce que dit la loi aujourd’hui
Les trottinettes électriques ont rejoint la famille des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). Leur usage, scruté à la loupe par le code de la route, obéit à des règles strictes. Depuis le décret du 23 octobre 2019, la vitesse maximale autorisée plafonne à 25 km/h. Dépasser cette limite, c’est franchir la ligne rouge : l’engin s’écarte du cadre et expose son propriétaire à des sanctions bien réelles.
Impossible de s’élancer avant 14 ans. Même accompagné, un adolescent de 13 ans devra patienter. La trottinette doit être bridée à 25 km/h dès sa conception : toute modification technique pour gagner de la vitesse est formellement prohibée et considérée comme un délit.
Impossible de faire l’impasse sur la responsabilité civile. Sans couverture d’assurance, le moindre accrochage peut vite tourner au casse-tête. Certaines compagnies proposent désormais des offres ciblées pour les EDPM ; n’imaginez pas que l’assurance habitation couvre forcément les dégâts.
Le casque reste facultatif pour les majeurs, mais la prudence n’a jamais fait de mal. Dès que la lumière baisse, le gilet rétro-réfléchissant s’impose. La liste des équipements obligatoires ne s’arrête pas là : feux avant et arrière, réflecteurs latéraux, avertisseur sonore, rien ne doit manquer.
Quant à la circulation, le code route trottinettes est formel : le trottoir n’est pas une piste. Sauf décision municipale spécifique, c’est un terrain interdit, et l’amende tombe vite : 135 euros. Face à l’évolution rapide de la loi, chaque utilisateur doit rester attentif aux nouvelles obligations, sous peine de mauvaise surprise.
Où peut-on circuler en toute légalité avec sa trottinette électrique ?
Comprendre où la circulation trottinette électrique est permise, c’est éviter bien des déconvenues. Les trottoirs restent hors d’atteinte, sauf si un arrêté municipal accorde une dérogation. Sur la chaussée, la priorité est claire : les pistes cyclables doivent être privilégiées. En leur absence, les bandes cyclables deviennent alors la meilleure option.
Le code permet aussi la circulation trottinette électrique sur la chaussée des rues limitées à 50 km/h en agglomération, à condition qu’aucune piste cyclable ne soit disponible. Hors agglomération, l’accès est fermé, sauf présence d’une voie verte. Les axes rapides, voies express et autoroutes sont strictement interdits.
Pour s’y retrouver, voici un rappel des accès autorisés ou non :
- Pistes cyclables : accès autorisé
- Bande cyclable : accès autorisé
- Chaussée en agglomération (vitesse limitée à 50 km/h) : accès autorisé si aucune piste cyclable n’est disponible
- Trottoirs : accès interdit, sauf arrêté municipal spécifique
- Voies vertes : accès autorisé
Sur la voirie privée ou un terrain privé, le cadre légal s’efface : rien n’empêche la utilisation trottinette électrique, à condition d’avoir l’accord du propriétaire. À Paris, la réglementation municipale resserre l’étau : la circulation des trottinettes électriques y est encadrée pour apaiser les relations entre cyclistes, piétons et utilisateurs de ces engins. Attention au stationnement sauvage sur les trottoirs : il peut coûter cher, entre amende et enlèvement. Avant chaque trajet, un coup d’œil aux panneaux ou aux arrêtés locaux s’impose. Parfois, la règle change d’un quartier à l’autre, d’une rue à la suivante.
Respecter les règles essentielles pour rouler en sécurité
Circuler en trottinette électrique n’a rien d’anodin. Le plafond des 25 km/h n’est pas négociable : toute tentative de débridage s’accompagne de risques considérables, sur le plan légal comme pour la sécurité. La tentation existe, mais le danger surpasse largement le gain.
La visibilité ne se discute pas. Les équipements obligatoires, feux avant et arrière, réflecteurs latéraux, freins efficaces, doivent être vérifiés avant chaque trajet. Le casque reste réservé aux moins de douze ans, mais l’expérience montre qu’un accident n’a pas d’âge. Hors agglomération ou la nuit, le gilet rétro-réfléchissant devient obligatoire.
Impossible d’éluder la question de l’assurance. Une assurance responsabilité civile est exigée ; s’en remettre à son assurance habitation serait imprudent sans vérification. Pour ceux qui utilisent des trottinettes en libre-service, une assurance trottinette électrique spécifique protège des mauvaises surprises.
La ville impose son tempo : prudence et courtoisie sont de rigueur. Les piétons gardent la priorité, le stationnement sur trottoir doit être banni. Les réglementations changent, parfois sans prévenir ; mieux vaut rester à l’affût des dernières nouvelles locales. Pour tous ceux qui misent sur la mobilité douce, la sécurité se pose comme la seule voie durable.
Législation en évolution : ce qui pourrait changer dans les prochaines années
Le dossier de la réglementation des trottinettes électriques n’a rien d’un chantier figé. La multiplication des EDPM en ville oblige les pouvoirs publics à réévaluer sans cesse l’équilibre entre liberté de circuler et sécurité collective. À Bruxelles, la commission européenne envisage d’unifier les règles pour éviter que chaque capitale n’improvise à sa façon. Objectif affiché : fluidifier la circulation, simplifier la vie des usagers, clarifier la définition des NVEI (nouveaux véhicules électriques individuels).
Les débats avancent sur plusieurs fronts. Le port du casque obligatoire refait surface, relayé par des associations de prévention routière. Certains élus, à Paris ou ailleurs, plaident pour l’imposer à tous, sans distinction d’âge. Parallèlement, l’idée d’un contrôle technique se fait plus pressante : vérification systématique des freins et des feux, enregistrement de l’engin via un numéro unique, autant de pistes pour limiter vols et trafics illégaux.
La question de la voirie partagée revient sans cesse. Des propositions émergent pour restreindre l’accès des trottinettes à certaines heures dans les centres-villes, ou pour réserver des zones spécifiques aux EDPM, à l’image des pistes cyclables pour les vélos. La catégorie juridique pourrait bientôt s’élargir : hoverboards, gyropodes, monoroues ou skateboards électriques pourraient être englobés dans un même ensemble réglementaire, pour plus de clarté et de cohérence.
Sur les pavés des grandes villes comme dans les ruelles tranquilles, la trottinette électrique n’a pas fini de forcer le débat. Reste à savoir si la prochaine génération d’usagers roulera sous de nouveaux codes… ou devra composer avec des règles toujours plus précises.


